Salpêtre ou mérule ? Les différences à vérifier
Des taches blanches sur un mur de cave font souvent craindre le pire. Dans la grande majorité des cas, c'est du salpêtre. Voici comment le distinguer de la mérule en quelques minutes, et pourquoi il faut quand même prendre ces taches au sérieux.
Salpêtre ou mérule : la différence en une phrase
Le salpêtre est un dépôt minéral de sels cristallisés que l'eau laisse en s'évaporant d'un mur, alors que la mérule est un champignon vivant, cotonneux et filamenteux, qui se nourrit du bois. L'un est de la chimie, l'autre de la biologie. Salpêtre ou mérule, la question se pose surtout dans les caves et au bas des murs du rez, parce que ce sont les deux endroits où l'humidité s'installe dans nos maisons belges.
Le mot « salpêtre » est employé dans le langage courant pour toutes les efflorescences blanches sur un mur, qu'il s'agisse de nitrates, de sulfates ou de carbonates. Les maçons et les entrepreneurs parlent aussi d'efflorescences. Peu importe la composition exacte ici : ce qui compte, c'est que ce n'est pas vivant.
Tableau comparatif salpêtre et mérule
| Critère | Salpêtre | Mérule |
|---|---|---|
| Aspect | Poudre ou croûte blanche, parfois en petites aiguilles, souvent en bande horizontale au bas du mur | Coton blanc, voile gris, cordons ramifiés ; plus tard galette orange-rouille à bord blanc |
| Toucher | Farineux, granuleux, crisse légèrement ; s'effrite en poussière | Doux, feutré, élastique ou spongieux ; les cordons secs cassent net |
| Odeur | Aucune en propre ; l'odeur de cave vient de l'humidité ambiante | Odeur de champignon, de sous-bois, de terre mouillée, souvent marquée |
| Support | Brique, pierre, mortier, plafonnage, béton | Part toujours du bois, mais court sur la maçonnerie et la traverse |
| Évolution | Réapparaît après brossage, suit les saisons et le séchage du mur | S'étend, épaissit, forme des cordons, fructifie ; ne « revient » pas, il continue |
| Ce que ça dit de l'humidité | Le mur est traversé par de l'eau qui s'évapore en surface (souvent remontées capillaires) | Du bois est resté humide assez longtemps pour être colonisé |
Reconnaître le salpêtre

Le salpêtre se forme quand de l'eau chargée de sels traverse la maçonnerie et s'évapore à la surface. Les sels restent sur place et cristallisent. C'est pour cela qu'on le trouve si souvent en bande, à une certaine hauteur du sol : c'est la limite où l'eau qui remonte par capillarité finit par sécher.
Visuellement, c'est blanc, parfois légèrement grisâtre ou jaunâtre, et ça ressemble à du sucre glace, du givre ou de la moisissure poudreuse. Les enduits et peintures au-dessus cloquent et se décollent, parce que les cristaux gonflent en se formant et poussent la couche de finition. Avec le temps, le plafonnage s'effrite et tombe en plaques.
Le test simple pour trancher
Vous n'avez besoin que de gants, d'une brosse sèche, d'un peu d'eau et d'une loupe si vous en avez une (l'appareil photo du GSM en mode macro fait aussi l'affaire).
- Regardez de très près. Le salpêtre montre des grains ou de minuscules cristaux qui brillent sous la lampe. La mérule montre des filaments, un feutre, un tissu.
- Frottez entre deux doigts gantés. Le salpêtre crisse et se réduit en poudre. Le mycélium de mérule s'étire, se déchire comme de l'ouate ou se décolle en peau.
- Déposez une goutte d'eau. Beaucoup de sels de salpêtre se dissolvent et la tache s'assombrit puis disparaît en partie. Le mycélium, lui, ne fond pas : l'eau perle ou s'absorbe sans rien changer à la structure.
- Brossez une zone et attendez. Le salpêtre réapparaît au même endroit, souvent dans les jours ou semaines qui suivent, surtout quand le mur sèche. Un champignon ne réapparaît pas de la même façon : il n'a pas disparu, il continue de pousser.
- Cherchez du bois. Pas de bois à proximité (plinthe, gîte, linteau, étagère) ? La mérule devient peu probable. Du bois humide juste à côté ? Regardez-le en priorité.
Si le test penche nettement vers le salpêtre, vous êtes face à un problème d'humidité, pas de champignon. Si c'est cotonneux, filamenteux, et qu'il y a du bois dans les parages, jetez un œil aux photos de la page reconnaître la mérule et à celles du stade précoce, quand ce n'est encore qu'un voile blanc.
Un doute sur ce que vous avez trouvé ?
Envoyez une ou deux photos. Un professionnel de votre région les regarde et vous rappelle, en général sous 24 h ouvrables. Gratuit, sans engagement.
Envoyer une photo →Salpêtre et mérule peuvent-ils coexister ?

Oui, et c'est même assez courant. Le salpêtre ne cause pas la mérule, mais les deux ont souvent la même origine : un mur gorgé d'eau. Dans les maisons anciennes sans barrière contre les remontées capillaires, l'humidité monte dans les murs, laisse du salpêtre en surface, et mouille tout ce qui est en contact avec la maçonnerie : gîtes du plancher encastrés dans le mur, plinthes, lambris, huisseries.
C'est là que la mérule peut démarrer. On se retrouve alors avec un mur couvert de salpêtre et, dix centimètres plus loin, derrière la plinthe, un bois colonisé par un champignon. Ne vous arrêtez donc pas au premier diagnostic rassurant : si vous voyez du salpêtre, regardez aussi les bois voisins.
La photo ci-dessus montre un cas typique de mur dont le plafonnage a dû être retiré à cause de l'humidité ascensionnelle. Une fois le mur à nu, on voit l'étendue réelle de l'humidité, et on peut vérifier si les bois qui y sont ancrés ont souffert.
Que faire si c'est du salpêtre ?
Brosser à sec et aspirer, sans laver à grande eau, ce qui ramènerait les sels en surface. Surtout, traiter la cause : remontées capillaires, infiltration latérale d'une cave enterrée, gouttière défectueuse, condensation. Repeindre par-dessus ne sert à rien, la peinture recloquera.
Un salpêtre abondant reste un avertissement. Il signale un mur humide, et un mur humide finit par mouiller le bois. Je conseille de profiter de l'occasion pour faire le tour des boiseries voisines, avec la checklist de la page photos de mérule annotées.
Salpêtre ou pas ? Envoyer ma photo
Et si c'est de la mérule ?
Alors il faut agir sur deux fronts : l'humidité, qui reste la condition sans laquelle le champignon ne peut pas progresser, et le champignon lui-même, dont il faut connaître l'étendue réelle avant de décider quoi ouvrir. Un diagnostic sur place permet de cartographier la zone touchée. Vous pouvez aussi commencer plus simplement : envoyez une photo, un professionnel du traitement de votre région la regarde et vous rappelle, en général sous 24 heures ouvrables. C'est gratuit pour vous, et une bonne partie des photos reçues se révèlent être… du salpêtre.
Test rapide : salpêtre, moisissure ou mérule ?
Répondez à six questions sur ce que vous voyez chez vous : le test vous dit si ça ressemble à de la mérule, à du salpêtre ou à une moisissure.
Test : est-ce de la mérule ?
Six questions, une minute. Ça ne remplace pas un avis sur place, mais ça vous dit si ça vaut la peine de faire vérifier.
Questions fréquentes
Le salpêtre est-il dangereux ?
Pas en lui-même pour la santé. Il abîme les enduits et signale un mur humide, et c'est cette humidité qui pose problème à terme.
Le salpêtre peut-il se transformer en mérule ?
Non, ce sont deux choses de nature différente : l'un est un dépôt de sels, l'autre un être vivant. Mais l'humidité qui produit le salpêtre peut aussi permettre à la mérule de s'installer sur un bois voisin.
Le vinaigre enlève le salpêtre, ça prouve quelque chose ?
Ça confirme plutôt qu'il s'agit de sels minéraux, mais ça ne règle rien : tant que le mur reste humide, le salpêtre reviendra.
Mon mur a du salpêtre et une odeur de champignon, que penser ?
Que l'odeur ne vient probablement pas du salpêtre, qui ne sent rien en lui-même. Elle peut venir de moisissures ou d'un champignon du bois caché. Voyez ce qu'en dit la page sur l'odeur de mérule, puis faites regarder les bois proches.