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Qu'avez-vous trouvé chez vous ?

Traiter la mérule soi-même : ce que vous pouvez faire, et où s'arrêter

Oui, vous pouvez faire beaucoup contre la mérule sans entreprise : trouver l'eau, la couper, ventiler, retirer un petit élément isolé. Non, un produit anti mérule acheté en magasin ne règle pas une mérule installée dans les murs et les poutres. Voici où passe la frontière, honnêtement.

Sacha Bernard
Sacha Bernardéditeur du site

Peut-on traiter la mérule soi-même ?

Traiter la mérule soi-même est possible pour une partie du travail, pas pour le tout. Un particulier peut supprimer la cause d'humidité, assécher, et retirer un élément en bois isolé et non porteur. L'injection des maçonneries et le remplacement des bois porteurs relèvent d'un professionnel, et les produits grand public ne suffisent pas pour une mérule active selon plusieurs entreprises du secteur.

Je ne vais pas vous dire que tout doit passer par une entreprise : ce serait faux, et ce site n'a aucun intérêt à vous faire peur. Une bonne partie de ce qui compte vraiment, la chasse à l'humidité, ne demande aucun produit et aucun diplôme. Mais je ne vais pas non plus vous dire qu'un bidon de fongicide et un pulvérisateur suffisent, parce que c'est l'erreur qui coûte le plus cher.

Ce qu'un particulier peut faire lui-même

Trouver et couper la source d'humidité

C'est la moitié du combat, et c'est à votre portée. La mérule a besoin d'un bois humide, au-delà d'environ 20 %. Sans eau, elle s'arrête. Cherchez du côté des évidences : une conduite ou un raccord qui suinte sous un plancher, une descente d'eau pluviale bouchée ou fendue, une gouttière qui déborde contre la façade, un seuil ou un appui de fenêtre mal raccordé, un sol extérieur plus haut que le niveau de la cave. Réparer une fuite, déboucher une descente, dégager un soupirail colmaté : tout cela, beaucoup de gens le font eux-mêmes.

Ventiler et assécher

La mérule aime les endroits sombres, confinés, à température stable. Rouvrez les grilles de ventilation, laissez circuler l'air dans la cave, retirez les cartons et le bois stocké contre les murs, décollez un meuble plaqué contre une paroi froide. Un déshumidificateur peut aider dans une cave fermée. L'objectif est simple : que les bois redescendent sous le seuil où le champignon peut vivre.

Retirer un petit élément isolé et non porteur

Une plinthe, un bout de lambris, une étagère, une latte de cave touchée localement : si la zone est petite, bien délimitée et que rien ne porte, vous pouvez la déposer vous-même. Coupez largement au-delà de la partie visiblement atteinte, ensachez sur place, sortez le tout sans le traîner dans la maison, et évacuez-le. Regardez bien derrière : si vous trouvez des cordons qui filent dans les joints du mur, ce n'est plus un petit élément isolé.

Documenter

Photographiez avant de toucher à quoi que ce soit : une vue d'ensemble, puis des gros plans. Ces photos servent à faire identifier le champignon, à en parler à un professionnel, et le cas échéant à votre bailleur, votre vendeur ou votre assureur. Gardez aussi un petit échantillon dans un sac hermétique si vous comptez le faire analyser. La page sur l'analyse en laboratoire et le diagnostic explique comment faire.

Traitement de la mérule : comment se déroule un chantier sérieuxLire le guide ›

Pourquoi murs et bois porteurs sont un travail de pro

Bois atteint de pourriture humide, ramolli, craquelé et décoloré en beige

Ce qui rend la mérule différente des autres champignons du bois, c'est qu'elle ne reste pas dans le bois. Ses cordons traversent les mortiers friables, circulent dans les joints, passent parfois d'une maison à l'autre en mitoyenneté. Pulvériser la surface d'un mur ne touche pas ce qui se trouve dedans.

Le traitement de la maçonnerie décrit dans le cahier des charges type des bâtiments wallons consiste à décaper les enduits, gratter les joints, forer tous les 20 à 40 cm jusqu'aux deux tiers de l'épaisseur du mur, puis injecter sous pression jusqu'à saturation. Cela demande du matériel d'injection, des produits dont certains sont réservés aux professionnels, et l'habitude de savoir jusqu'où aller.

Les bois porteurs posent un autre problème : on ne dépose pas une poutre ou des gîtes de plancher sans étançonner, et une erreur ici ne se mesure plus en euros mais en sécurité. Le détail d'un chantier complet est sur la page consacrée au traitement professionnel de la mérule, étape par étape.

Les produits anti mérule du commerce et leurs limites

On trouve en magasin de bricolage des produits de traitement du bois et des fongicides présentés comme « anti mérule ». En Belgique, les produits de préservation du bois sont des biocides qui doivent être autorisés par le SPF Santé publique. Certains sont vendus au grand public, d'autres sont réservés aux professionnels. Vous pouvez vérifier un produit dans la liste des biocides autorisés du SPF Santé publique, qui permet de filtrer entre usage grand public et professionnel.

Ces produits ont leur utilité : protéger un bois neuf avant la pose, traiter préventivement une zone assainie, retraiter une coupe. Leur limite, c'est qu'ils agissent là où on les applique, en surface ou sur quelques millimètres. Ils ne suivent pas les cordons dans la maçonnerie, ils ne rendent pas sa solidité à un bois en pourriture cubique, et ils ne font rien contre l'eau qui continue d'arriver. Sur une mérule active, ils donnent surtout l'impression d'avoir agi.

Un doute sur ce que vous avez trouvé ?

Envoyez une ou deux photos. Un professionnel de votre région les regarde et vous rappelle, en général sous 24 h ouvrables. Gratuit, sans engagement.

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Les erreurs classiques quand on traite la mérule soi-même

Elles reviennent tellement souvent dans les récits de chantier qu'elles méritent une liste.

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Sécurité : les précautions à prendre

La mérule n'est pas un champignon toxique au sens où on l'entend parfois sur internet. Les affirmations sur des mycotoxines dangereuses ou des troubles neurologiques ne reposent sur aucune source scientifique que j'aie trouvée. Elle peut en revanche provoquer des allergies chez les personnes sensibles, et ses spores (la poussière rousse) se dispersent facilement. J'en parle plus en détail sur la page la mérule est-elle dangereuse pour la santé.

Quelques règles de bon sens si vous intervenez vous-même :

  1. Portez des gants, des lunettes et un masque filtrant, surtout en démontant.
  2. Ne brossez pas le champignon à sec et n'utilisez pas d'aspirateur ordinaire : vous répandez les spores dans toute la maison.
  3. Ensachez les déchets sur place et fermez les sacs avant de traverser les pièces.
  4. Lisez l'étiquette des produits : un biocide reste un biocide, avec des consignes d'aération et de protection.
  5. Ne touchez pas à un élément porteur sans avis d'un professionnel.
  6. Tenez les enfants et les personnes allergiques à l'écart de la zone pendant le travail.

Quand arrêter et faire appel à un pro ?

Dès que l'un de ces signes apparaît, le travail dépasse le bricolage : des cordons qui partent dans un mur, une fructification (galette orange-rouille bordée de blanc), une poutre ou un gîte qui s'effrite, un plancher qui fléchit, une zone qui touche le mur mitoyen, ou une surface plus grande qu'un élément isolé. Si vous hésitez sur l'identification elle-même, la page sur les premiers signes de la mérule montre à quoi ressemblent les stades précoces.

Faire intervenir un pro ne veut pas dire tout lui confier. Vous pouvez très bien régler vous-même la fuite et la ventilation, puis demander un devis limité au traitement des murs et au remplacement des bois. Pour savoir à quoi vous attendre financièrement, les fourchettes sont réunies sur la page prix d'un traitement mérule.

Et si vous voulez simplement savoir si c'est bien de la mérule avant de vous lancer, envoyez une photo : elle est transmise à un professionnel du traitement de votre région, qui vous rappelle en général sous 24 heures ouvrables. C'est gratuit et sans engagement.

 

Photos : Jason Hollinger (CC BY 2.0). Wikimedia Commons.